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Marseille

31 Octobre 2016

Marseille tout en douceur avec la plus merveilleuse des guides.

Oui ! Il faut bien avouer que quand je suis revenu de Marseille, mes ressentis et les propos que j'ai tenus auprès de ma guide étaient très négatifs. Avec le recul, j'avoue avoir beaucoup apprécié ces quatre jours. Alors ! Pourquoi cette déception à chaud ? On en avait tellement parlé, j'étais tellement impatient de descendre sur la Canebière... J'étais surtout fatigué d'avoir trop travaillé en ce début d'année scolaire, d'avoir trop peu dormi, avant et pendant le séjour mais aussi, assez décontenancé par le bruit omniprésent dans la rue de l'hôtel, le jour comme la nuit.
Alors oui ! Je fais ici mon mea culpa auprès de mon irrésistible guide. Il faut avoir vu Marseille et quatre jours ne suffisent pas pour découvrir vraiment la deuxième ville de France et l'atmosphère unique de ses quartiers, ses visages multiples, ses musées et expositions remarquables. Et surtout, venant de Belgique en plein mois de novembre, on apprécie de flâner en bord de méditerranée sous les doux rayons du soleil.

La gare de Marseille-Saint-Charles


Notre arrivé à Marseille se fait par la grande porte : la gare de Marseille-Saint-Charles construite en cul-de-sac autour d’une grande verrière sur un plateau proche du centre-ville. Du haut de l’escalier monumental qui la relie au boulevard d’Athènes où se trouve notre hôtel, je découvre déjà une vue de ce qui m’attend durant ces quatre jours en compagnie de ma guide préférée. Tout de suite après avoir déposé nos bagages à la réception de l’hôtel, nous prenons la direction du Vieux Port et, par la force des choses, de la célèbre Canebière.

La Canebière


Bon voilà, si on n’est jamais allé à Marseille, on se fait tout un plan de la Canebière comparée aux Champs Élysées, tant on en a entendu parler. A un point tel qu’elle en devient incontournable. Néanmoins, il semble que le temps où l’on venait sur la Canebière faire du shopping est révolu et ne reste qu’une grande avenue de trente mètres de large engorgée et bruyante, sale aussi, qui descend sur un kilomètre de l’église des Réformés au vieux port. Bon, ça reste un point de passage obligé, ne serait-ce que pour l’office du tourisme et de nombreuses échoppes font de la résistance.
Il reste que de nombreux bâtiments, appartements ou hôtels, sont assez remarquables. Parmi eux, je retiendrai le palais de la Bourse qui abrite la chambre de commerce et d’industrie inauguré par napoléon III dont la grande façade aux cinq portes surmontées de dix colonnes est décorée de cartouches reprenant les noms des grands explorateurs.

Le Vieux Port


On ne le présente plus, c’est vraiment le lieu naturel de rendez-vous des marseillais et des visiteurs. Plus vieux port de la ville, il en est resté le cœur palpitant à l’atmosphère typiquement marseillaise entre son marché aux poissons et le bruyant centre-ville. Entourés de bars et restaurants, occupés par de nombreux bateaux à quai, il donne une image d’une ville tournée sur la mer. Traces de Marseille 2013, Capitale européenne de la culture, le semi piétonnier mais surtout, une « ombrière » réalisée par Norman Foster sur le quai des Belges où chacun prend plaisir à photographier son reflet suspendu. J’y reviendrai chaque jour emmené par ma charmante guide à la recherche d’un petit restaurant, d’une terrasse ensoleillée ou juste pour flâner tranquillement.
Le marché au poisson est toute une attraction à lui seul et attire les enfants qui se délectent de voir ces poissons et autres créatures marines gluantes et hautes en couleur se démener dans ces grands bacs bleus, les maraîchers, entre deux ventes, s’occupant de repousser les téméraires qui voudraient voir le monde au-delà de leur bassin. A l’arrière-plan, les bateaux de pêches où les pêcheurs préparent de gestes lents et assurés les filets pour la prochaine récolte en mer.

Église des Augustins


A proximité du Quai des Belges, derrière la grande roue restée désespérément immobile, la façade de style néobaroque de l’église des Augustins fait face au soleil dont les rayons parent, tout au long de la journée, ses pierres blanches immaculées qui tranchent avec les immeubles environnants de couleurs changeantes.

L’Hôtel de ville


Il est impossible de rater ce bâtiment imposant sur la rive droite du Vieux Port, faisant face à l’ancienne criée, à l’entrée du quartier du panier. Les parures de la façade mettent en scène l’autorité municipale. Deux curiosités : l’Hôtel de ville est composé de deux pavillons distincts dont l’un dépourvu d’escalier oblige à emprunter l’arcade qui relie les deux bâtiments pour passer au premier étage, tandis que depuis 2006, la salle du Conseil municipal, les salles de travail et les salles de réunion sont installées en sous-sol sous la Place Bargemon.
Pour notre premier repas, ma guide m’a fait découvrir une formule particulière dans un restaurant des Voûtes . Une sorte de marché dédié à la restauration. On y trouve de tout au gré des îlots gourmands. Tout est fait devant nous. Installés en terrasse, au soleil… que demander de plus ?

Le MuCEM


Le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée est unique en son genre. Posé sous un manteau de dentelles à l’entrée du Vieux Port entre le Fort Saint Jean auquel il est relié par une imposante passerelle de 115 mètres de long et la cathédrale de la Major, véritable musée de société, il est consacré au patrimoine anthropologique du vieux continent. Il est également un forum, un lieu de débats et abrite de nombreuses expositions temporaires.
Dès notre arrivée, ma guide m’a entraîné tout en haut du bâtiment afin de me faire admirer les ombres dansantes au travers des mailles de cette extraordinaire parure de dentelles. Cette parure de dentelles qui, de la plateforme surplombant le musée, offre des vues toutes particulières sur le Fort Saint Jean, la Major, les gigantesques bateaux en attente de passagers et jusqu’au Docks Village et les Terrasses du Port.
Après la visite du musée, elle me prendra par la main pour me promener doucement entre les épais murs du Fort Saint Jean aux allures de petit village avec sa tour, sa chapelle, sa fontaine et son café, ses dédales de petites rues et son jardin. Nous prendrons ensuite la passerelle de 70 mètres qui nous mènera sur le parvis de l’église Saint-Laurent.

Les Calanques


On ne peut être à Marseille et ne pas passer par le Parc national des Calanques , sauf que, lors d’un court séjour, ce n’est pas si simple car le déplacement en bus prend du temps. Nous en avons pris juste un peu pour en visiter les prémices. De quoi donner l’eau à la bouche car les paysages emblématiques entre terre et mer sont somptueux et la nature remarquable. Par chance, le soleil se couchait ajoutant à la grandeur des lieux un formidable supplément d’âme. Les rayons de soleil jouant sur le visage radieux de ma guide relevant la beauté de ses traits valaient à eux seuls le déplacement.

Le cours Julien


Je me suis laissé entraîner avec plaisir par ma guide dans ce quartier dont j’ai apprécié l’atmosphère pour le moins particulière. Ce quartier, en temps normal, regorge de créateurs locaux, d’artistes, de brocanteurs ou encore de bouquinistes. Le visiter un premier novembre fait que quasi aucune boutique n’était ouverte mais justement, c’est ce qui nous a permis de découvrir, sur les volets fermés et persiennes descendues, de véritables joyaux de l’art de rue. Tous les styles y sont présents et les couleurs jaillissent de tous côtés. Une rue a particulièrement retenu notre attention : la rue Armand Bédarride où tout a été largement redécoré jusqu’aux originaux pots de fleurs.
C’est dans ce quartier que ma guide a trouvé son bonheur chez Marie Eve. Derrière une façade bleue où courent des feuillages en fer forgé, Marie Eve, véritable créatrice confectionne de superbes vêtements. Tout est fait par elle. Tout! Des dessins, jusqu'à la réalisation, coutures, patrons, tout passe par elle. Son atelier est à l’arrière de sa boutique dont la déco un peu bohème entre vieilles malles, scooter, récipients en tout genre, chapeaux et vieux miroirs.... Les modèles sont exposés sur des portants : robes, tuniques, jupes aux coupes originales, asymétriques, motifs pétillants et mixés donnent à ma guide, pendant l’essayage que j’ai suivi avec délice, une allure élancée et classe.

Le quartier du Panier


Nous y voici... Des mois que ma séduisante guide me parlait de ce quartier de Marseille. Le quartier du Panier par ci, le quartier du Panier par là… C’est via une visite guidée organisée par l’Office du tourisme que nous l’avons investi avec un peu de déception. Personne n’avait compris que la visite incluait le Vieux Port et, finalement nous avons passé très peu de temps dans le « Panier ».
Heureusement, nous y sommes retournés et avons flâné dans ses étroites et escarpées ruelles pavées entre ses bâtiments typiques aux façades colorées de pastel parfois recouvertes de street art. Pour un peu on se serait crus dans un petit village de Provence. Bien sûr, vu la saison, pas de créateurs et autres artisans qui habituellement peuplent les lieux jusque sur les placettes, quelques belles boutiques ouvertes nous offrent les prémices d’un aperçu des lieux en haute saison tandis que l’atmosphère et la douceur de vivre méditerranéenne y sont bien présentes.
Au cœur du quartier, la Vieille charité, un bâtiment chargé d’histoire abrite aujourd’hui des expositions et autres collections réputées. Composé de quatre ailes ouvertes à l’intérieur sur une galerie à trois niveaux qui donnent accès à une cour rectangulaire au centre de laquelle une chapelle à dôme ovoïde est du plus pur style baroque italien.
Nous avons dégoté, en plein cœur du Panier, un restaurant très sympathique, l’Ave Maria où les vins sont de grande qualité pour des prix très abordables et la cuisine fraîche et colorée. J’avoue, ma guide avait raison comme à chaque fois, ce quartier à un charme authentique, on sent bien qu’ici, elle est Plus belle la vie.

La Bonne Mère


Visible de partout, perchée sur sa colline, la basilique de Notre Dame de la Garde, surnommée la Bonne Mère par les marseillais, est l’image de marque de la ville. Je n’aurais pas voulu clore mon séjour sans l’avoir visitée, elle est remarquable. Paresseusement, nous avons choisi d’y monter avec le petit train touristique, ce qui nous a permis de découvrir encore d’autres lieux et angles de vue de la ville.
Du haut de la colline de la Garde, le panorama sur la ville est saisissant tandis qu’en levant la tête, on est tout autant impressionné par le clocher de 41 mètres de haut mais surtout par la statue de la vierge toute de feuilles d’or recouverte et qui dépasse les 11 mètres de haut.
La basilique est construite sur un fort dont les trois quarts des murs existent encore et sont incorporés dans la partie moderne : le hall d’entrée, le magasin, le restaurant…
Ma guide, très recueillie pour le coup, et moi, sommes restés de longues minutes assis à admirer les extraordinaires mosaïques du plafond de la nef composé de trois coupoles, les mosaïques du sol, les marbres et mosaïques de la grande coupole du transept… Les ex-voto sont partout et sous toutes les formes : marbres, tableaux, cœurs… Parmi les nombreux ex-voto en remerciement de faveurs accordées par la Vierge, on retiendra les bateaux suspendus dans la basilique même.
Nous sommes redescendus vers le Port à pieds et en avons profité pour visiter rapidement l’imposante église abbatiale de l’Abbaye Saint-Victor que nous avions prise, au premier regard, pour un château moyenâgeux et le palais du Faro d’où nous avons une vue imprenable sur le Vieux Port et le Fort Saint-Jean.
Ma précieuse guide a absolument tenu à me faire entrer au Théâtre de la Criée ce que je n’ai pas regretté. Ce théâtre a pris ses quartiers dans les lieux de l’ancienne criée aux poissons et propose de nombreuses expositions. Nous avons découvert les œuvres pour le moins surprenantes de Kayak’ArMen : kayaks, totems poétiques, aquariums bizarres… le tout bricolé d’objets les plus hétéroclites. Comme la salle abrite également un restaurant et que la carte nous inspirait au moins autant que l’exposition, nous y avons très bien déjeuné.

Docks Village et Terrasses du Port


L’après-midi, avant de penser à récupérer nos bagages en attente à l’hôtel et reprendre la direction de la Belgique, nous avons flâné dans les anciens docks, et les Terrasses du Port. Les Docks Village reposent sur la rénovation des anciens docks, ouvrage industriel, vastes entrepôts faisant la jonction entre la mer et la ville. Abritant restaurants et boutiques de luxe dans des décors originaux, le lieu est incontournable. De l’autre côté de la route, les Terrasses du Port abritent un centre commercial où se retrouvent la plupart des grandes enseignes traditionnelles. En grande spécialiste de la mode et avec son œil d'artiste, ma guide a absolument voulu me relooker. Trois belles chemises, un pull… portés sans fioritures me donnent une allure nettement plus cool… Bien vu. Il fallait, évidemment, avant de quitter les lieux, se donner rendez-vous sur la terrasse, grandiose, où on peut, face à la mer, admirer le va et vient des bateaux aux cris des mouettes.
Ici se termine mon premier séjour à Marseille. Je n’ai vraiment qu’une envie : m’y retrouver à nouveau en compagnie de ma délicieuse guide. Me fera-t-elle parcourir avec toute la douceur dont elle est capable la rade avec les Iles du Frioul et le Château d’If, me promènera-t-elle longuement dans les Calanques et m’entraînera-t-elle jusqu’à Aix en Provence sur les pas de Matisse ?

Douce France

10 Janvier 2015

Destination touristique de choix

Douce France, le pays que nous avons le plus souvent visité. Nous l’avons parcouru de haut en bas, de long en large. Pourquoi si souvent en France et pas plutôt les autres pays voisins ? J’aurais tendance à mettre en avant la facilité de parler la même langue mais en réalité, si on visite tant la France c’est parce qu’on aime ce pays de culture, d’histoire, de traditions dont l’art de vivre est unique. Des côtes escarpées de la côte d’Opale à la douceur de la Méditerranée, des collines de l’Alsace aux sommets des Pyrénées… Grandes villes historiques, villages pittoresques, églises et chapelles, châteaux et abbayes… De l’île de beauté à l’exotisme des DOM-TOM… Des trésors partout, de toute sorte. Rien en nous laisse indifférents, tout est occasion d’apprendre, d’admirer, de méditer… Et puis il y a la gastronomie, pas dans les étoilés mais dans tous ces petits restaurants où on nous sert d’excellents plats régionaux ou traditionnels. Et puis aussi la culture du vin, des bulles de champagne ou de crémant, de l’acidité à la minéralité des blancs, du fruit aux épices des rouges, … Pour nous qui habitons aux portes de Lille, la route est toute tracée.

Nous avons la plupart du temps privilégié de courts séjours en chambres d’hôtes mais, pour des périodes plus longues, nous avons passé de bons moments dans des villages de vacances avec VTF . A chaque fois, nous avons rencontrés de belles personnes.

Nous avons donc visité Lille en voisins bien sûr mais aussi Paris, Versailles, Laon, Colmar, Quimper, Clermont-Ferrand, Carcassonne, La Rochelle, … Nous avons flâné en côte d’Opale de Bray dune à Boulogne-sur-Mer, cherché toutes les gammes de bleus, de gris en Baie de Somme, été émerveillés par la nature farouche et les rivages fracturés de la Bretagne, la campagne fleurie et les longues plages bordées de falaises de Normandie. Nous avons parcouru la Loire, des marais et bocages de Vendée aux vignobles fumés de Pouilly en passant par les grandes demeures historiques aux architectures somptueuses à Chambord, Chenonceau, Amboise. Nous avons transpiré en Languedoc-Roussillon entre gorges et châteaux cathares, abbayes et villages anciens et puis nos escapades de la Montagne Noire aux cimes du Canigou. Nous avons parcouru les routes des vins en Alsace, Bourgogne, Jura… Nous avons mis nos pas dans ceux des hommes préhistoriques en Dordogne et découvert des sites uniques et saisissants dans le Limousin. Nous sommes tombés sous le charme de l’authenticité auvergnate, des volcans éteints aux eaux thermales. Nous avons suivi les courbures des champs interminables de Champagne-Ardenne…

Et pourtant, il nous reste tant à découvrir : les vignobles de Bordeaux, les vallées, défilés et failles des Alpes, la campagne douce et joyeuse du Berry…

Autotour en Grèce

06 Avril 2014

Sur les routes de Grèce

Partis pour un tour très classique de la Grèce antique, en sortant des sentiers battus dès que nous en avions l’occasion, nous avons découvert une autre Grèce, celle des dépaysements, des décors naturels spectaculaires dans la douceur du climat méditerranéen.

Auto tour


Nous avons suivi les routes en formant une boucle avec comme point de départ et d’arrivée Athènes, en passant par plusieurs villes étapes : Tolo, Sparte, Olympie, Delphes, Kalambaka et Chalkis. Ce sont plus de 1300 kilomètres que nous avons parcourus traversant le Péloponnèse, la Grèce occidentale, la Grèce Centrale et la Thessalie.

En route vers Tolo


Après avoir passé deux journées bien remplies de visites à Athènes, nous avons pris livraison de notre voiture de location et la destination de l’impressionnant Canal de Corinthe et à proximité, sa cité antique. Nous sommes descendus vers Tolo en n’oubliant pas de franchir la porte des Lions de Mycènes. Le jour suivant, nous avions toute la journée devant nous pour visiter le site d’Épidaure dans une belle vallée entourée de montagnes et découvrir la vieille ville de Nauplie et son immense forteresse vénitienne de Palamidi.

La spartiate Sparte


Le cinquième jour de notre circuit devait nous conduire à Sparte. Spartiate, l’adjectif lui va bien tant il y a peu de choses à y découvrir en dehors de son très instructif musée de l’huile d’olives. Ce qui n’est pas le cas de l’ancienne et spectaculaire cité byzantine de Mystra où un ciel changeant a mis en valeur églises et citadelles.

La route de Delphes


Le lendemain, après avoir longuement longé la côte du Golfe de Cyparisse, le voyage nous a menés vers la très (trop ?) touristique Olympie dont le musée et le site nous ont finalement déçus et c’est sans regrets que nous avons pris la route vers Delphes. Nous nous sommes arrêtés à Patras, un réel coup de cœur pour cette ville qui offre plusieurs possibilités pour traverser le Golfe du même nom. En empruntant le pont à auban Harilaos Trikoupis, d'une longueur de 2.883m, nous sommes passés du Péloponnèse à la Grèce continentale en surplombant le détroit de Corinthe. C’est après avoir suivi une bien agréable route entre mer et montagne que nous avons rejoint la jolie petite ville de Delphes. Son site historique très romantique et son magnifique musée nous ont beaucoup plus tandis qu’un peu plus loin, nous avons découvert le monastère byzantin Osios Loukas et nous nous sommes perdus dans les ruelles pentues du village traditionnel Arachova réputé pour son artisanat.

Les météores de Kalambaka


C’est déjà le huitième jour et nous entamons le trajet qui s’avèrera le plus spectaculaire nous menant à Kalambaka et ses fameux météores. Quel spectacle que ces monastères bâtis sur des rochers isolés. Tout est réuni : architecture saisissante, paysages époustouflants, perles de l’art byzantin…

Chalkis


Nous arrivons à la fin de notre périple et, avant de rejoindre Athènes, nous faisons une pause dans un bel hôtel en front de mer de la balnéaire Chalkis.

Conduire en Grèce


Que de vestiges grecs, romains, byzantins avons-nous découverts mais aussi de merveilleux paysages entre plaines, montagnes, mer et, printemps oblige, une végétation en fleurs. Nous avons également goûté à la cuisine grecque, autre chose que les traditionnels plateaux mezze que l’on nous propose trop souvent ici, avec de belles découvertes mais des déceptions aussi. L’occasion aussi de découvrir la conduite en Grèce avec ses particularités : chaotique à Athènes, dépassements par la droite et voitures qui roulent littéralement dans le bas-côté… mais, rien de bien grave comparé à la conduite au Rwanda.
Il nous reste encore bien des régions grecques à visiter : la Macédoine, l’Epire, les fameuses îles… L’objet d’un futur voyage, qui sait ?

Lac Burera

21 Juillet 2012

Les lacs Burera et Ruhondo

Les lacs


A proximité du territoire des gorilles et des volcans, les lacs Burera et Ruhondo offrent un spectacle rare. Ils sont entourés des hautes collines des Virunga et plusieurs cascades y sont spectaculaires. Les eaux profondes entourent des îles qui, en période de brume, semblent flotter dans l’espace.

Va et vient


Les pêcheurs s’y déplacent dans des embarcations traditionnelles, les pirogues tandis que de nombreux oiseaux, des martins-pêcheurs aux pélicans, y font des va et vient incessants.

Hôtel pour (très) riches


Le magnifique Virunga Safari Lodge, situé sur une colline magnifique, dispose de huit bungalows avec une vue panoramique sur les volcans des Virunga et les lacs Ruhondo et Bulera. Les jardins en terrasses sur cette crête de haute colline sont magnifiques… Cet hôtel se définit comme étant écologique mais...

Esclavage


Ce qu’on ne dit pas sur le site, c’est que pour ne pas être dépendant de l’énergie pour monter l’eau des douches à cette altitude, l’hôtel exploite les villageois qui transportent sur la tête jusqu’à 40 litres d’eau sur plusieurs kilomètres de chemins pentus. Ceci pour le confort de personnes qui paient entre 700 et 1200 dollars la nuit et accèdent au lieu en hélicoptère. Qu'en penser?

Parc national des volcans

13 Juillet 2012

Joyeux anniversaire: 50 ans

13 juillet


Et voilà, aujourd'hui, vendredi 13, voici exactement 50 ans que je suis né un... vendredi 13. Comme à Bali, il y a deux ans, jour pour jour, nous nous levons tôt pour nous lancer à l'assaut d'un volcan. Cette fois, pas pour admirer le lever du soleil mais pour suivre, dans son univers, l'un des plus étonnant animal qui soit: le gorille.

Danseurs Intore


Nous désespérions de pouvoir applaudir les fameux danseurs Intore. A peine arrivés au point de ralliement pour la visite des gorilles qu'une troupe de musiciens et danseurs prennent possession de la place. La musique et la danse jouent un rôle important dans les traditions de la culture rwandaise. Les Rwandais ont une variété de musiques et de danses qui célèbrent l'excellence et le courage. Leurs chansons sont pleines d'humour ou racontent la chasse. La plupart des danses de cérémonie sont accompagnées par un orchestre de 7 à 9 tambours qui produit une explosion de rythmes.
Créée il y a plusieurs siècles, les Intore ( les élus ) se produisaient autrefois en exclusivité pour le roi.

Le volcan


Le responsable des guides répartit les nombreux visiteurs en groupes de huit et nous indique nos guides. Ceux-ci nous expliquent le protocole. Chaque groupe de gorilles "reçoit" au maximum une visite par jour. La durée de la visite est fixée à 1 heure pour éviter que les gorilles ne soient trop longtemps exposés à nos microbes ainsi que pour minimiser le stress.
En jeep, nous montons, accompagné du guide, jusqu'au parking, à une altitude d'environ 2500m. Il faut passer par une piste abominable. Des rochers affleurent de tous côtés, je ne sais même plus où poser les roues. La voiture est vraiment exceptionnelle. A partir de cet endroit, c'est à pied que l'on monte tout d'abord à travers champs jusqu'au mur qui fait office de frontière entre le territoire des gorilles et les terres des paysans avoisinantes. Le mur permet aussi de protéger les cultures des buffles qui mangeraient et détruiraient toutes les cultures. Sur le mur, sont disposées des ruches. Nous sommes huit touristes dans le groupe mais accompagnés de deux guides et d’un traqueur armé en raison des animaux sauvages comme les éléphants et les buffles qui pourraient charger. Peut-être y a-t-il une autre raison car en cette période, les rebelles sont de l'autre côté de la montagne, au Congo.
Lors de l'ascension du Bisoke, on passe dans une forêt d'Hagenia et d'Hypericum. Le paysage, derrière nous, est à couper le souffle et de toutes les forêts tropicales primaires que nous avons traversées, celle-ci est la plus belle. Nous nous déplaçons entre les lianes suspendues, au milieu des hagenias couverts de mousse et entre les lobélies géantes qui foisonnent sous ce climat tropical. La seule épine sur notre chemin, ce sont les orties qui sont énormes et qui nous agressent même au travers de nos vêtements.
Après une dizaine de minutes, nous rencontrons d'autres traqueurs. Ceux-ci sont partis avant nous en repérage. Ils ont débusqué les gorilles et nous sommes invités à les suivre après avoir laissé nos sacs et bâtons. Ils nous tracent un chemin à coups de machette. Régulièrement, nous entendons un grognement, signe que nous sommes proches.

Les gorilles


Tout à coup, au détour du chemin, une énorme masse nous surplombe. C'est Charles, le mâle dominant de la troupe, le dos recouvert de poils argentés. Le silence se fait, chacun retient son souffle et nos pas se font plus précis. Un peu plus loin, une femelle et son petit accompagnés d'un jeune se nourrissent en nous tournant le dos. Curieusement, ils semblent nous snober. Les appareils photos mitraillent la scène qui n'est que de courte durée car toute la petite troupe de gorilles a terminé son repas et décide de se trouver un bon endroit de sieste. Une poursuite mémorable s'engage. Les gorilles se déplacent dans la forêt dense comme des anguilles. C'est loin d'être notre cas. Les traqueurs se débattent avec les branches, on se plie en quatre pour passer dans les petites percées. Le sol est instable et la terre meuble se dérobe sous nos pas. On glisse, on se rattrape à ce qu'on peut et qui semble résister à notre traction mais pas toujours. Soudain, les gorilles s'arrêtent, ils sont proches. On respire, on sort l'appareil photo mais coquins, ils filent sous les feuilles, descendent une pente abrupte et en quelques secondes, on les voit disparaître sous la végétation dans la montée opposée. C'est reparti pour une folle poursuite. Finalement, après plus d'une heure de cache-cache, Charles s'arrête sous une hutte naturelle, nous laisse admirer sa splendide musculature et après quelques minutes, fait mine de partir. De nouveau, les gars à la machette se précipitent pour dégager le passage mais, soudain, le gorille de 200 kilos fait volte-face, se dresse sur ses pattes antérieures, charge en hurlant. Nos deux téméraires font vite marche arrière tandis que nous qui étions déjà prêts à suivre, nous faisons tout petits. Charles se couche alors sur le dos, dans le chemin que nous devons emprunter. Esquisse-t-il un sourire ironique lorsqu'il nous regarde? Nous ne bougeons plus et après quelques minutes, c'est l'enchantement, toute la petite famille se regroupe. Un jeune mâle fait le singe dans un arbre, une femelle arrive avec son bébé sur le dos, un autre jeune joue avec les lianes, le deuxième mâle adulte est derrière nous. Génial! Nous en profitons pleinement et apprécions ce merveilleux moment. Finalement, Charles et sa petite troupe s'en vont. Nous avons passé plus de deux heures en leur compagnie. Sur le chemin du retour, No-problem (c'est le nom d'un gorille qui a adopté les touristes) nous attend, couché sur le dos, souriant pour les photos. Nous sommes à 50 centimètres de lui. Extraordinaire. On se repassera "Gorilles dans la brume" de Michael Apted ou mieux, on relira le récit autobiographique de Dian Fossey.